Installations nucléaires de base et leucémies de l’enfant

À la suite des inquiétudes suscitées en 2007 par des publications allemandes faisant état d’une augmentation d’incidence des leucémies de l’enfant âgé de moins de 4 ans dans un périmètre de 5 km autour des centrales nucléaires, un groupe de travail pluraliste et indépendant, présidé par Danièle Sommelet (Pr de pédiatrie), avait été constitué en France pour porter un avis sur les connaissances épidémiologiques disponibles concernant les effets des installations nucléaires de base sur le risque éventuel de leucémies de l’enfant, définir des axes de travail et contribuer à la transmission d’une information claire et régulière à la société civile. Le rapport a été rendu public, le 7 novembre 2011, par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), la Direction générale de la santé (DGS) et la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) et est consultable sur leurs sites internet respectifs.

État des lieux.
Les leucémies de l’enfant représentent 30 % des cancers de l’enfant (470 nouveaux cas par an de 0 à 14 ans et 80 de 15 à 19 ans, en France). Des progrès thérapeutiques considérables sont notés depuis 30 ans avec un taux de guérison de 80 % dans les leucémies aiguës lymphoblastiques (75 % de l’ensemble) et de 60 % dans les leucémies aiguës myéloblastiques. Mais les facteurs de risque demeurent mal connus, qu’ils soient génétiques (5 %) ou liés à l’environnement.
Le rapport établit que les connaissances actuelles sur les effets des radiations ionisantes à faible dose ne permettent pas de conclure à une relation causale et les rares agrégats de leucémies à proximité de certaines installations nucléaires demeurent inexpliqués. La poursuite et le développement des recherches épidémiologiques en cours, couplés avec l’étude des expositions à d’autres substances cancérigènes potentielles et des facteurs génétiques favorisant la leucémogenèse, doivent être soutenus.

Principales recommandations.
Il s’agit en premier lieu, de définir la méthodologie permettant l’établissement d’une liste de sites nucléaires, sinon exhaustive, du moins parfaitement caractérisée et adaptée à la poursuite des études épidémiologiques ultérieures ; puis, de soutenir et développer ces études afin de disposer de données complémentaires sur l’impact des radiations ionisantes à faible dose et des facteurs environnementaux et génétiques sur la leucémogenèse, en tenant compte des caractérisations génomiques des hémopathies malignes de l’enfant.
En outre, il convient de développer la coopération et la veille scientifique internationales et créer un groupe de réflexion sur l’information et les modalités de la communication du risque, en associant experts de la santé et des sciences humaines et sociales et représentants de la société civile.

Source :
Communiqué de presse de l’ASN, novembre 2011.

Esther Sacoun, journaliste scientifique, Paris
OptionBio [Vol 23, N° 465,p.4, janvier 2012]

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Une réponse à Installations nucléaires de base et leucémies de l’enfant

  1. c’est intéressant cet article, merci de nous faire connaitre

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